Avant sa sortie le 21 juillet, Le Figaro a pu écouter Comme si de rien n’était, le disque le plus attendu de l’année. Au- delà des inévitables exégèses people qu’il suscitera immanquablement, le troisième album de Carla Bruni ( notre photo lors d’un de ses concerts au Zenith de Paris) se révèle être l’oeuvre attachante d’une artiste en pleine maturité.
CARLA BRUNI : PREMIÈRE ÉCOUTE
Nous avons pu écouter « Comme si de rien n’était », l’album le plus attendu de l’année. Verdict : une belle réussite et beaucoup de surprises.
IL FAUDRAIT pouvoir ne parler que de musique à propos du prochain album de Carla Bruni. Or, les circonstances en font le disque le plus attendu qui se soit enregistré en France ces dernières décennies, et pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la musique. Donc, s’il faut parler seulement de musique, Comme si de rien n’était, qui sort le 21 juillet chez Naïve, est un disque parfaitement réussi. On y retrouve les sortilèges d’une voix fragile et dense, le sens mélodique très singulier d’une compositrice à la confluence des évidences folk et du lyrisme français, mais dans des arrangements d’une richesse élaborée par Dominique Blanc- Francard, grand arbitre des élégances pop. Si l’on compare cet album à Quelqu’un m’a dit, son précédent album en langue française, on a l’impression de s’éloigner un peu de la vulgate folk pour se rapprocher de la chanson française, mais aussi de la flamboyance sixties. Pour résumer : moins d’Amérique, plus de France, plus de Beatles… « Il fallait sortir du territoire précédent et élargir le décor » , dit franchement Blanc- Francard, réalisateur de Comme si de rien n’était. L’équation n’était déjà pas simple : un premier album, Quelqu’un m’a dit, qui marque la mutation triomphale d’un top- modèle en artiste reconnue ; un deuxième, No Promises, qui n’atteint pas le plus grand public mais finit de lui construire une image de musicienne exigeante. Le cahier des charges du troisième album de Carla Bruni était de retrouver la magie des premières chansons découvertes en 2002 sans perdre l’acquis d’intégrité artistique des adaptations de poèmes en anglais parues en 2007. Entre- temps, son mariage a changé la nature du regard porté sur elle. Jusque- là artiste soumise à la critique comme n’importe quelle chanteuse, elle s’est trouvée dans une position inédite : une artiste de variétés là où aucune femme jusqu’à présent n’avait osé conserver un métier – fût- ce dame d’oeuvres.